Un opticien compare deux lunettes de soleil aux verres de teintes différentes en magasin.
Publié le 30 octobre 2026

Vous comparez des verres teintés et les pourcentages affichés — 50 %, 70 %, 85 % — ne vous disent pas grand-chose. La question qui revient systématiquement : quel niveau de teinte correspond réellement à mon usage ?

Réponse directe : le pourcentage de teinte indique la part de lumière visible absorbée par le verre et détermine le confort selon la luminosité ambiante. Pour un usage quotidien en ville, une teinte autour de 50 à 70 % (catégorie 2) convient. Pour la mer ou la montagne, une teinte de 80 % ou plus (catégorie 3) est recommandée. La protection contre les UV, elle, dépend d’un filtre spécifique (UV400) totalement indépendant de la teinte.

Ce qu’il faut retenir avant de choisir votre teinte

  • Le pourcentage de teinte mesure l’absorption de lumière visible, pas la filtration des UV.
  • Les catégories 0 à 4 classent les verres par niveau de transmission lumineuse selon la norme NF EN ISO 12312-1:2013.
  • Une teinte foncée sans filtre UV400 est plus dangereuse qu’une teinte claire équipée de ce filtre.
  • La catégorie 4 est interdite pour la conduite automobile.

Que signifie le pourcentage de teinte d’un verre de soleil ?

Le pourcentage de teinte correspond à la proportion de lumière visible que le verre absorbe avant qu’elle n’atteigne votre œil. Un verre teinté à 70 % laisse passer environ 30 % de la lumière visible et bloque le reste. Plus le chiffre est élevé, plus le verre est sombre et plus la luminosité perçue diminue.

Ce chiffre ne doit pas être confondu avec la protection ultraviolette. L’Assurance Maladie distingue explicitement deux critères de choix : une protection anti-UV, garantie par la norme UV400 qui filtre 100 % des rayons ultraviolets, et une protection contre la luminosité, liée à la teinte du verre. Vous pouvez donc avoir un verre très foncé sans aucune filtration UV, et inversement un verre clair parfaitement protégé. Consultez les recommandations de l’Assurance Maladie sur la protection UV pour approfondir cette distinction.

La norme NF EN ISO 12312-1:2013, qui a remplacé l’ancienne norme NF EN 1836-2005, classe les verres solaires en cinq catégories selon leur taux de transmission de la lumière visible. Cette classification est résumée dans le tableau ci-dessous, dont les seuils proviennent de la réponse ministérielle publiée par l’Assemblée nationale et de la norme en vigueur.

Correspondance entre pourcentage de teinte, catégorie et usage
Catégorie Transmission lumière visible Teinte approximative Usage principal
0 80 à 100 % Très claire ou incolore Confort esthétique, intérieur
1 43 à 80 % Légère Luminosité faible, temps couvert
2 18 à 43 % Moyenne Quotidien, ville, luminosité modérée
3 8 à 18 % Foncée Forte luminosité, mer, montagne
4 3 à 8 % Très foncée Luminosité exceptionnelle, haute montagne

Teinte foncée et protection UV sont deux propriétés distinctes : un verre sombre dilate la pupille et laisse entrer davantage d’UV si aucun filtre n’est présent. Vérifiez toujours la mention UV400 ou « 100 % UV » indépendamment de la teinte choisie.

Les différents niveaux de teinte et leurs usages adaptés

Choisir un pourcentage de teinte revient à identifier la situation dans laquelle vous porterez vos lunettes le plus souvent. Une teinte inadaptée provoque soit un éblouissement persistant (teinte trop claire), soit une vision assombrie inutilement fatigante (teinte trop foncée).

Pour des lunettes de soleil sans correction, le choix de la teinte suit la même logique que pour des verres correcteurs : c’est l’usage qui commande, pas l’esthétique seule.

Teintes légères (catégorie 1, environ 43 à 80 % de transmission) : elles conviennent aux journées nuageuses, aux environnements urbains peu ensoleillés ou aux personnes sensibles à la lumière artificielle. Le confort est immédiat sans altérer significativement la perception des couleurs.

Teintes moyennes (catégorie 2, environ 18 à 43 % de transmission) : c’est le choix polyvalent par excellence. Une journée ensoleillée en ville, un trajet en voiture sous un ciel variable, une terrasse en début d’après-midi — la catégorie 2 s’adapte à la majorité des situations courantes sans excès ni insuffisance.

Pour la conduite, la teinte doit rester suffisamment claire pour préserver la perception des contrastes.



Teintes foncées (catégorie 3, environ 8 à 18 % de transmission) : réservées aux environnements très lumineux — réverbération sur l’eau, neige en altitude, désert. En ville par temps ordinaire, une catégorie 3 assombrit excessivement la vision et peut gêner la lecture des écrans ou des panneaux.

Teintes très foncées (catégorie 4, environ 3 à 8 % de transmission) : usage très spécifique en haute montagne ou sur glacier, lorsque la luminosité atteint des niveaux exceptionnels. Cette catégorie n’est pas adaptée à un usage général et comporte des restrictions légales détaillées dans la section suivante.

Quelle teinte pour quel usage ?
  • Vous portez vos lunettes principalement en ville :

    Optez pour une catégorie 2 (teinte moyenne, 18 à 43 % de transmission). Elle couvre la majorité des situations quotidiennes.

  • Vous alternez entre ville et activités extérieures :

    Une catégorie 2 à 3 (teinte moyenne à foncée) offre une bonne polyvalence si vous passez régulièrement du bitume aux sentiers.

  • Vous partez en mer ou à la montagne :

    Privilégiez une catégorie 3 (teinte foncée, 8 à 18 % de transmission) pour contrer la réverbération intense.

  • Vous pratiquez l’alpinisme ou le ski de haute altitude :

    La catégorie 4 (teinte très foncée, 3 à 8 % de transmission) est la seule adaptée, mais elle est interdite au volant.

Quelle teinte choisir pour la conduite ?

La conduite impose des contraintes spécifiques : vous devez percevoir les feux tricolores, lire le tableau de bord et réagir aux changements brusques de luminosité (tunnels, passages sous un pont, orage soudain). Une teinte trop foncée compromet ces capacités.

La réglementation est claire sur un point crucial. La fiche pratique de la DGCCRF sur les lunettes de soleil rappelle que les verres de catégorie 4 doivent obligatoirement porter la mention « Non adapté pour la conduite automobile et les usagers de la route ». Conduire avec des verres de catégorie 4 vous expose à une vision dangereusement assombrie, en particulier à l’entrée d’un tunnel ou en fin de journée.

En montagne et face à une forte luminosité, une teinte très foncée trouve enfin son usage réel.



Pour la conduite, les catégories 1, 2 et 3 sont autorisées. La catégorie 2 constitue le meilleur compromis : elle réduit l’éblouissement sans altérer la perception des contrastes ni la reconnaissance des couleurs de signalisation. La catégorie 3 reste acceptable par forte luminosité, mais peut s’avérer trop sombre en conditions changeantes.

Si vous conduisez fréquemment dans des conditions de luminosité variables, les verres photochromiques — qui s’adaptent automatiquement à la lumière ambiante — méritent d’être envisagés. Ils passent d’une teinte légère à une teinte moyenne selon l’ensoleillement, évitant ainsi de jongler entre deux paires.

Comment sélectionner ses lunettes de soleil sans correction selon sa teinte ?

Une fois votre niveau de teinte identifié, reste à vérifier que le modèle choisi correspond bien à vos attentes avant l’achat. Voici la démarche à suivre pour éviter les mauvaises surprises.

Vérifications avant l’achat
  1. Contrôlez la catégorie de teinte affichée

    Chaque modèle conforme à la norme NF EN ISO 12312-1:2013 doit indiquer sa catégorie (0 à 4) sur l’étiquette ou la notice. Si cette information est absente, méfiez-vous.

  2. Vérifiez la présence du filtre UV400

    La mention « UV400 » ou « 100 % UV » garantit que le verre filtre l’intégralité des rayons ultraviolets jusqu’à 400 nanomètres. Cette protection est indépendante de la teinte et constitue le critère de sécurité principal.

  3. Associez la teinte à votre usage principal

    Reprenez la grille de décision ci-dessus : ville, extérieur polyvalent, mer, montagne ou conduite. Un seul usage dominant suffit à orienter votre choix.

  4. Testez la perception des couleurs si possible

    En magasin, regardez un écran ou un panneau coloré à travers les verres. Les couleurs doivent rester identifiables, en particulier le rouge et le vert si vous conduisez avec ces lunettes.

Pour approfondir la lecture des indices et comprendre comment les catégories s’articulent entre elles, vous pouvez consulter ce récapitulatif des indices des catégories de lunettes de soleil qui détaille chaque niveau de protection.

Questions fréquentes sur les verres teintés

Vos questions sur le choix de la teinte
Une teinte foncée protège-t-elle mieux des UV qu’une teinte claire ?

Non. La teinte réduit la luminosité visible, mais ne filtre pas les rayons ultraviolets. Seule la présence d’un filtre UV400 garantit une protection complète contre les UV. Un verre très foncé sans filtre UV est même plus nocif qu’un verre clair avec filtre UV400, car l’obscurité dilate la pupille et laisse entrer davantage de rayons nocifs.

Peut-on choisir une teinte sur mesure sans correction ?

Oui. Le choix d’un pourcentage de teinte spécifique est possible sur des verres sans correction, notamment auprès d’opticiens proposant des verres solaires personnalisés. Le surcoût lié au sur mesure se justifie si vous avez un usage précis (sport nautique, conduite longue distance, haute montagne) qui nécessite une teinte exactement adaptée.

Quelle teinte choisir si j’hésite entre deux catégories ?

En cas d’hésitation, privilégiez la catégorie la plus claire. Une teinte légèrement insuffisante se compense en plissant les yeux ou en cherchant l’ombre, tandis qu’une teinte excessivement foncée fatigue la vision et réduit les contrastes de manière irréversible tant que vous portez les lunettes. La catégorie 2 reste le choix le plus sûr en cas de doute.

Le pourcentage de teinte n’est pas un indicateur de qualité en soi, mais un paramètre de confort à ajuster selon votre environnement lumineux. En gardant à l’esprit que la protection UV dépend exclusivement du filtre UV400 et non de l’obscurité du verre, vous disposez de tous les éléments pour choisir une teinte cohérente avec votre usage réel — sans surcoût inutile ni erreur de protection. Ces informations sont fournies à titre de repères généraux fondés sur les normes en vigueur et ne remplacent pas un conseil personnalisé auprès d’un professionnel de santé visuelle.

Rédigé par Émilie Bergeron, rédige des contenus pédagogiques dédiés à l'optique et au choix des équipements de protection oculaire.